Droits des Femmes en Algérie : un progrès juridique marqué par l’absence des voix féminines dans le débat public

Le 4 août 2025, l’Algérie a levé sa réserve sur l’article 15.4 de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), signifiant un progrès juridique majeur pour la liberté de circulation et le droit de choisir librement résidence et domicile des femmes algériennes. Cette mesure, officiellement adoptée par décret présidentiel, abroge des restrictions légales qui limitaient jusqu’ici ces droits aux femmes, notamment l’obligation d’avoir le consentement d’un tuteur masculin pour voyager ou changer de domicile.


Cette avancée a été saluée par des militantes, défenseurs des droits humains et une partie de la société civile. Elle garantit désormais légalement aux femmes la liberté de mouvement et l’autonomie sur des questions personnelles cruciales. Cependant, malgré l’importance de cette réforme pour les femmes elles-mêmes, les débats publics et médiatiques qui ont suivi sont étonnamment dominés par des voix masculines. Leurs commentaires abondent, tandis que les réactions féminines, pourtant directement concernées, restent peu visibles.


Ce déséquilibre dans la prise de parole révèle un paradoxe inquiétant : alors que les hommes s’expriment abondamment pour défendre ou critiquer cette mesure, les femmes sont beaucoup moins nombreuses à occuper le devant de la scène dans le débat public. Cette faible représentation médiatique et politique des femmes sur leurs propres droits traduit sans doute des freins sociaux, culturels et institutionnels persistants. La peur de stigmatisation, les normes patriarcales enracinées et un espace public peu accessible aux femmes expliquent en partie cette absence.


Or, la participation active des femmes est essentielle pour que ces réformes se traduisent concrètement sur le terrain et ne restent pas symboliques. Leur voix, leur expérience, leurs besoins doivent être au cœur des discussions pour que cette égalité juridique se transforme en égalité réelle. Il s’agit de dépasser les simple discours masculins et de promouvoir un espace inclusif où les femmes en Algérie s’expriment librement sur leurs droits, leurs luttes et leurs aspirations.


Ainsi, cet événement significatif montre à la fois une avancée légale indéniable et les limites d’une transition encore inachevée. Pour que les réformes sur l’égalité arrivent à maturité, il faudra aussi encourager et soutenir la montée en puissance des voix féminines dans tous les domaines, y compris dans les médias et la sphère politique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *